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Liberté de consommation

J’ai récemment assisté à  une rencontre autour du thème « La télévision publique peut-elle se passer d’Internet ». En écoutant les intervenants, l’archaïsme de la question m’a semblé plus qu’évident. Quels sont les enjeux ? Le transfert des investissements publicitaires de la télévision vers le Net ? La mise à  disposition des programmes sous conditions sur le Net ? La présence des ex « nouvelles technologies » dans l’ensemble des programmes et notamment dans les fictions ?

Que nenni, archaïsme que tout cela! On continue à  comparer ou à  opposer un mode de diffusion à  un mode de consultation. Et la différence majeure est bien là . La télévision diffuse alors que le Web met à  disposition. La télévision, c’est la grand messe, la réunion de millions d’acteurs passifs à  heures fixes, téléspectateurs recevant leur dose quotidienne à  domicile. La télévision a même remplacer l’horloge, c’est elle qui rythme des millions de vies ou de foyers.

Le Web, c’est presque le contraire. C’est quand vous voulez et de plus en plus, où vous voulez, au bureau, à  la maison, dans les transports, au café, à  l’école, etc. Le Web met à  disposition, offre la possibilité et naturellement permet la mise en perspective. Un programme est disponible, commenté, annoté, argumenté. Ainsi on passe d’une consommation passive à  une consommation active, potentiellement citoyenne. En appliquant certains exemples actuels, il est possible d’imaginer le sous titrage par des hordes de volontaires, chainons de la diffusion.
Cette consommation est multiple, riche, faite de rebonds et de curiosité. Elle permet à  la fois aux usages monolithiques de perdurer mais surtout aux curieux, à  ceux qui cherchent une vue globale de consommer pluri-média et de montrer à  quel point le média est riche, non plus sa forme mais le fond.

Voici donc la réalité d’une distribution Web, une diffusion décentralisée, désynchronisée. Cela ne signifie en rien une distribution bafouant les droits des artistes, réalisateurs ou autres producteurs, la consultation payante à  la demande ou à  l’abonnement existe.

Bien sur, tout le monde n’a pas encore la capacité technologique à  profiter de ce mode de consommation mais projetons nous dans 5 ans. Si 5 ans est le délai pour une couverture forte de l’ensemble du territoire, la télévision ne sera plus qu’un canal marginal de diffusion des programmes.

Des doutes technologiques ? Si l’on considère l’usage des très basses et très porteuses fréquences libérées par la TV hertzienne (un grand merci à  la TNT – Télévision Numérique Terrestre), l’accès à  haut puis très haut débit arrive !

Une mutation d’émission ? Si l’on considère l’exemple des radio, une partie du chemin est réalisée; France Info est déjà  disponible sur le Net en direct et à  la coupe! Oui mais l’objet télé, celui là  même qui parfois organise la pièce, la maison autour de son usage, semble immuable ! Et alors? Un écran reste un écran, pourquoi ne pas lui permettre d’être reliée à  un boitier, un ordinateur exclusif ou même une offre de services logiciels sur le réseau !

Voilà la boucle est bouclée. Nous sommes devenus de vrais consommateurs de programmes, de contenus, certains gratuits, d’autres payants. Nous pouvons ainsi, ensemble (on garde cette notion d’activité en commun et inter-générationnelle) ou séparément regarder ce que l’on a choisi quand nous l’avons choisi. Il est possible d’interagir, d’obtenir des réponses, d’avancer de progresser grâce à  un média qui devient, qui doit être, tout à  la fois populaire – non ce n’est pas une gros mot – et intellectuel, éducatif, à  grand spectacle ou intimiste. Nous pouvons enfin devenir, être, des consommateurs avisés, culturés et indépendants. Nous allons enfin cesser de regarder la télé pour enfin profiter des contenus. Nous sommes libres!
!ou du moins, veut-on le croire.

Éteignez votre ordinateur et retrouver une vie normale

Note : Si la télévision est l’activité de regarder à distance, le sujet de cet article est la NetVision.

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