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Censurer n’est pas protéger…

Pourquoi légiférer contre les fake news alors que la loi répond déjà la situation ? N’est-ce pas la tentation de définir LA vérité avec le risque inhérent de poser une censure ?
Sans même se poser la question de savoir ce qui est vrai, la vérité est un leurre, un mythe. LA vérité est une fonction variable du temps et de l’espace qui utilise 2 variables : l’émetteur et le récepteur. Ainsi ce que j’écris ici et maintenant n’a pas là même valeur que si je l’avais écris à Cuba au début des années 50. De plus, sa réalité est différente en fonction du lecteur et de la qualité qu’il veut reconnaître à l’émetteur. Ainsi, dire ce qu’est LA vérité, ce qui est vrai et ce qui est faux, relève d’une simple attitude dictatoriale et de censure.

En dehors de cette notion de vérité, quid de la simple erreur, de la blague, de la fanfaronnade ou du simple débat contradictoire ? Tous les jours, à chaque minute de notre quotidien dans nos échanges – numériques ou pas – des opinions, des affirmations, des omissions relèvent de la fausse information. Si je devais relever chaque jour ce que les médias déversent comme informations approximatives ou fausses, je devrais y consacrer un temps plein . Peu importe, puisque cela ne pose pas plus de problème que cela, mon éducation, mon sens critique doit me permettre le questionnement, la vérification puis mon acceptation ou mon refus de cette information. j’ai même le droit de me tromper, c’est une des composantes de l’apprentissage et de cette fameuse vérité.

Pour en revenir à la loi, le sujet même de l’infraction (du délit, du crime) est un mythe qui ne permet pas de quantification binaire… Au-delà, la condamnation légale ne stopperait en rien la propagation, l’amplification, bien au contraire ! La volonté de nos élus de nous couvrir (bâillonner ?) avec des règlements bien trop paternalistes et infantilisant ne peut produire que l’effet inverse à celui normalement recherché. Sauf si, il serait question de pouvoir simplement et purement nous bâillonner…
Une nouvelle fois, et quelle que soit la situation, il apparaît clairement que la seule réponse normale soit l’éducation quel que soit le lieu, le moment ou le média. Car in fine, les enjeux sont bien là, contrôler un média qui échappe encore trop à nos amis censeurs. La numérisation de nos activités, la diffusion quasi immédiate de nos pensées (et plus uniquement de nos écrits) ne doit pas être le théâtre de régressions mais d’une véritable prise de conscience d’une liberté et d’une responsabilité. La responsabilité de respecter l’Autre, argumenter n’est pas ni insulter, ni mentir, c’est exprimer la force de la raison. Force de la raison qui s’exprime des 2 cotés, émetteur et récepteur.

C’est là que les éducations jouent leurs rôles. Les éducations, car il y a celle qui est dispensée à la maison, faite de culture familiale, d’héritages; c’est celle qui ancre dans une histoire personnelle mais qui doit aussi permettre de s’en détacher sans nécessairement y renoncer. C’est celle qui devrait permettre de mesurer en dehors du système de valeur conventionnelles, celle qui devrait amener la première des curiosités, avoir envie de savoirs. Et il y a l’éducation dispensée par le système, peut-être plus structurée , plus structurante (réductrice ?) mais porteuse de savoirs, d’outils et de réflexes partagés sur un cercle beaucoup plus large. Ces 2 éducations ont les mêmes objectifs, outiller afin de permettre la construction d’une pensée propre dans un cadre partagé.
Les technologies ne sont qu’une partie de l’évolution des outils, elles ne sont pas la pensée, ni même l’intelligence; nul besoin de légiférer, les règlements organiques existent déjà. Nul besoin de censurer, cela serait contraire aux éducations.
Ainsi, la sur-réglementation aussi inutile qu’insultante ne pourrait être qu’une tentation de remplacer la puissance, la liberté offerte par nos éducations par une forme sourde et obtuse de répression.  Ne serait-il-il pas plus efficace, moins fascisant de consacrer plus de moyen à l’éducation, aux moyens de l’éducation qu’à la répression.

En fait simplement prévenir au lieu de « guérir » ?!

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